20.05.2008

Mon amoureuse

C’était un amour de vacances… Je rentrais chez moi, là haut, dans le brouillard, elle descendait vers le midi (le midi). Nous n’étions encore que des enfants, tout ça.

On s’est écrit, longtemps, elle habitait à Bordeaux, moi à Paris.

Elle est venue une fois passer un week-end à la maison, sous couvert d’une réunion de famille.

Nous sommes allé voir tous les deux l’exposition autour du Blau Reiter (les expressionnistes allemands, tas d’incultes !). Devant je ne sais quelle toile d’un des peintres du groupe die Brücke, j’ai osé prendre sa main. J’avais quatorze ans, mon cœur battait, je n’avais jamais embrassé une fille.

Et je n’ai pas osé le faire.

Elle est rentrée chez elle et plus jamais l’occasion ne s’est reproduite. Ce genre de chose n’arrive pas souvent et les filles ont bien raison de refuser un garçon qui a loupé le coche.

N’empêche, j’étais triste.

Nous sommes resté en contact, nous écrivant de temps en temps, s’appelant à l’occasion, une fois par an… Le temps a passé et nous ne sommes pas perdu de vue pour autant.

Un soir, j’ai eu la surprise de la croiser lors d’une soirée étudiante… Elle faisait ses études à Paris et sortait avec une connaissance, un gentil garçon pas folichon et brillant. Nous nous sommes tout de suite reconnu, mais le temps avait passé.

C’était tendre et drôle.

De loin en loin, on se revoyait, autour de la bande d’amis de son chéri. On s’entendait toujours aussi bien, une connivence d’un acte manqué en commun. Ils se sont séparés, je l’ai appris par quelqu’un d’autre.

J’ai perdu de vue mon ancienne amoureuse.

Et puis, et puis…

Et puis un soir, je me retrouve dans une boîte de nuit rigolote (le Globo) avec un grand groupe d’amis et qui voilà… ?

On rigole, on se débriefe nos vies… et puis bon, l’alcool, la danse… je m’approche, elle me voit venir gros comme une maison.

« Attends, mais c’est ridicule, on va pas… »

« Mais si, mais si ».

On a.

Quinze ans après, j’embrasse finalement cette fille.

Elle m’a ramené chez elle, et là… hé bien on a tout fait.

Hé… on était plus des enfants.

 

Mon amoureuse d’enfance… Alors ça, c’est fait.

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