28.05.2008

Toute première fois...

Ça se passe dans une soirée parisienne improbable. Une de ces « soirées privées » ultra payantes qui permettent dans un cadre idylico-ethylique de continuer à fumer des clopes au nom du caractère privé de l’endroit, un appartement transformé en boîte de nuit.

Alcool à volonté contre une taxe d’entrée élevée, certes, mais que je m’empresse de rentabiliser au bar, à tel point qu’en fin de soirée je pense avoir fait descendre la moyenne prix d’entrée rapporté au verre de ouiski-cauca à moins de deux euros le verre.

Bref, j’y suis avec un ami, l’illustre Rano, chanteur embobineur de son état et que je perds aussitôt de vue alors qu’il se jette sur les filles environnantes comme le misérable geek sur la dernière console de jeu à la mode.
Rano a cette spécificité que, quoi qu’assez beau mec, il a une nette tendance à préférer draguer des boudins en soirées, selon un adage qu’il a fait sien qui voudrait que, si c’est juste pour baiser, inutile de prendre le risque d’un vent avec une fille bien.

Pour ma part, j’ai réalisé depuis peu qu’il est tout aussi aisé de louser avec un steak qu’avec une princesse, donc, perdu pour perdu, autant tenter le grand chelem et s’attaquer à la très jolie.
Bon évidemment, en fin de soirée, ce genre de considération ne tient plus pour la plupart des garçons qui vont allégrement « charogner » ce qu’il reste… en général des trucs pas frais.

Normalement je pars suffisamment tôt pour m’éviter ce genre de déchéance.
Je suis de la race des lions, moi monsieur.
Du moins, j’essaie…

Revenons à cette soirée.

Après avoir croisé un ou deux noctambules de ma connaissance, et échangé avec eux des banalités cyniques de bon aloi, je me retrouve à danser seul sur la piste de danse, ce qui ne me pose pas de problème, vu que j’aime bien danser et que le regard des autres m’indiffère dans ces cas là.

Comme souvent, au hasard d’une rotation improbable, je me retrouve face à une partenaire potentielle, très jolie brune, cheveux de jais et peau de lait, les traits fins, le cul expansé au-delà des canons admis, mais qu’importe, une jolie taille faisant passer ce postérieur éléphantin. Parfois la silhouette d’ensemble rachète un détail anatomique qui, pris séparément, apparaîtrait disgracieux.

Toujours est-il qu’elle est charmante et que nous dansons bien.

La danse, on en dira ce qu’on en voudra, mais c’est un net indicateur de la qualité des relations sexuelles qui pourront éventuellement s’ensuivre. Je ne sais qui définissait la chose ainsi « danse, expression verticale d’un désir horizontal ».
C’est très juste.

Le rapprochement des corps aidant, nos bouches se joignent, concluant un pacte de bonne entente temporaire.

En effet, très vite, elle m’annonce son départ, ne me laissant aucune ouverture quant à la possibilité de se revoir. Tentant le tout pour le tout, je lui laisse tout de même mon numéro.

Bien m’en a pris puisqu’une semaine plus tard, elle me propose par texto de se revoir autour d’un verre. Au départ, il n’est question de rien d’autre.

Nous nous voyons donc, on parle, on discute, elle est charmante.
Au détour d’une phrase je glisse tout de même que j’ai un souvenir ému de ses baisers et que je renouvellerais bien l’expérience.

Elle n’est pas contre l’idée et se retrouve donc contre ma bouche.

A la sortie du pot, je l’emmène dîner. Ce n’était pas prévu certes, mais bon, avec l’heure qui tourne, l’appétit vient, n’est ce pas ?

Je la raccompagne, une fois les libations terminées, et sur le trajet du retour, quoi que tendre, elle insiste sur la proximité de la fin de notre soirée ensemble : une de ses amies dort chez elle ce soir là, il ne peut donc rien se passer de plus.
Qu’importe, je la raccompagne. Arrivés en bas de chez elle, elle m’invite néanmoins à monter, temporairement bien entendu, à la condition que l’amie en question ne soit pas encore rentrée… Les conditions étant remplies, je me fais naturellement plus pressant. L’endroit se prête bien à des embrassades un peu plus poussées, ce serait dommage de ne pas en profiter.

Elle proteste mollement. Son amie…Elle travail le lendemain… on se connaît peu…et puis son amie…

Justement, celle-ci appelle :
« ça s’est bien passé ?
-Oui, ça SE PASSE très bien
-Ah…
Tu veux que j’aille dormir chez Machine, plutôt ?
-Oui, ce serait bien… »

(Les haut-parleurs de gsm sont forts et j’ai une ouïe particulièrement fine)

Nous voilà donc allongés sur son blanc lit, les contacts entre nous deviennent nettement connotés et les mains s’aventurent dans des régions jusqu’ici décemment couvertes.

Nouvel arrêt.
Va t’elle me signifier qu’elle n’est pas de ces filles là qui couchent le premier soir, mais plutôt de l’engeance de celles qui glorifient leur volonté et leur force de caractère de faire attendre une deuxième nuit le garçon pour finalement se donner sans plus de cérémonie ?

« J’ai quelque chose à te dire à mon sujet qui pourrait te concerner si tu veux… enfin, si on devait coucher ensemble… »

J’imagine le pire… ce serait un mec en fait… elle est atteinte de certaines maladies… elle ne peut jouir que recouverte d’excrément…

« J’ai vingt-cinq ans et je…je…n’ai jamais…avec un garçon… »

Ah.

Voilà… Bon… En même temps je la rassure tout de suite, ayant moi-même commencé tard à découvrir les choses de la vie, je suis extrêmement tolérant là-dessus… Mais veut-elle que, justement… ce soir…

On me fait signe que oui.

C’est une première pour nous deux puisque de mon côté je n’ai jamais ravie la virginité (ou fait sauter le berlingot, selon l’expression qu’on préfère) de quiconque avant elle…

Je vais jeter un voile pudique sur l’opération douloureuse et mystique qui s’ensuivit.
Qu’on sache juste que nous fîmes ce soir là beaucoup de lessive à main et que je découvris à cette occasion que les débordements sanguins frais peuvent être facilement nettoyés à l’huile de coude, ce qui n’est pas plus mal, vu la passion de ma partenaire pour les tissus blancs.

En fin de soirée, tous les draps, sous-draps et alaises étant déployés pour sécher dans le petit appartement, nous nous endormîmes sous une sorte de tente bédouine, tout à fait romantique.

C’est ce soir là que je pus vérifier que la danse est effectivement révélatrice de l’aisance aux jeux de l’amour, ma jeune ingénue rattrapant son retard à une vitesse fulgurante, prouvant que l’inné, associé au professeur idoine, fait parfois plus que force ni que rage…

27.05.2008

la très belle plante de 20 ans.

Dieu sait que ces filles sont impressionnantes quand on a leur âge.
Toutes en courbes longilignes, habillées comme des princesses, les hommages sans cesse renouvelés de toute la gente masculine environnante leur donne une assurance, un maintien, une confiance qui intimide aussi sec toute personne normalement constituée désirant entrer en contact simple (mais néanmoins sexuel) avec ce végétal fleuri.

En général, la très belle plante est toujours accompagnée de son tuteur, un garçon un peu plus âgé, souvent de la même bouture, mais nettement plus carnassière : sourire ultra bright, mains manucurées et trousseau à la dernière mode, acheté avec la carte bleue de Mumy. Ce genre de mec qui ne sue jamais que de l’argent. Enrobé de high-tech, il n’est fidèle qu’à un seul parfum : le fric.

Evidemment, en face, quand on a que l’amour, à offrir en partage…hé ben on a l’air d’un con.

Enfin, le temps passe, d’autre filles, moins glamour mais plus intéressantes, sans doute, vienne remplir le grand pot qu’on avait acheté pour la belle plante.

Et puis un jour, on a dix ans de plus et, tout d’un coup, sur la plage abandonnée, coquillage et crustacée, qui sait qu’on voit venir la bouche en cœur ? Vous avez deviné.


Sauf que… des litres d'eau se sont écoulés sous les ponts...Alors que le temps a été plutôt clément pour votre personne, vous burinant les traits et faisant de vous un authentique mâle aguerri, on a la sombre satisfaction de s’apercevoir que, pour elle, c’est moins fun et que les ans et la cellulite sont venu lui rappeler que le printemps n'a qu'un temps.

Il a pris cher, le joli plan.
A sa place, on retrouve souvent un arbre dont le tronc s’est épaissi et qui a gardé des traces à l’écorce, quand ce ne sont pas quelques bourgeons qui ont déformé la forme initiale.

Elle qui traînait avec les ouineurs des bacs à sable, la voilà seule comme les pierres ou, pire, acoquinée avec un nobody rassurant, qui avait sûrement fier allure dans sa jaquette de mariage mais qui, dans son slip de bains, rappelle irrésistiblement le physique altier du Général De Gaulle, un grand homme, certes, mais pas le top du sexy.

On est alors tenté de regarder à côté d’elle, sur la serviette voisine, sa petite cousine qui se fait bronzer les miches, exacte réplique de ce qu’était son aînée dix ans plus tôt.

A ce moment là, on a grandit, on est un monsieur, ou presque et on regarde plus sereinement la petite pimbèche qui, du coup, est drôlement moins sûre d’elle.
Forcément, vu qu’elle connaît rien de la vie, elle fait moins sa maligne, et du coup, fait des pieds et des mains pour se rendre intéressante… Juste retour des choses.

D’autant qu’alors qu’elle est au top d’elle-même et qu’il serait dommage de ne pas arroser et bécher un peu cette jeune pousse.
Alors certes, elle vous le dit haut et fort, elle a un mec… Un type formidable, dont vous connaissez le modèle, on en a parlé à l'instant. Mais, alors que vous vous baladez avec la jeune donzelle, admirant son postérieur et faisant des pronostics sur la durée de vie de cette plastique enjôleuse, elle vous confie, sur le ton du secret que, si effectivement elle vit une histoire d’amour d’enfant avec son copain, de temps en temps, elle n’a rien contre une aventure un peu plus « adulte ».

Quelle merveilleuse façon d’amener les choses.

La petite sirène, sous ses dehors inaccessibles se donne donc comme la première venue et, tandis qu’elle crie votre nom en ajoutant à chaque fois « ce n’est pas bien, ce n’est pas bien », vous vous prenez à regretter d’avoir eu tant d’illusions.

Il ne faut pas, ça n’aurait rien changé, elle n’aurait pas voulu, à l’époque. Donc pas de scrupule à en abuser maintenant, d’autant que son mec est probablement de la race de ceux qui oppriment tout ceux qui ne brillent pas et dont nous faisions partie, à l’époque, rappelez vous. La vengeance est un plat qui se mange froid et c'est tout à fait sain de se défouler sur les héritiers de ces générations de connards.

Leur souvenir se fait plus doux du reste, maintenant que vous savez que probablement d'autre génération de type comme vous les ont allègrement fait cocu avec leur femme-vitrine.

Donc, si vous m’en croyez mes amis, tandis que les mignonnes fleuronnent en leur plus verte nouveauté, cueillez, cueillez donc la jeunesse, avant qu’à leur tête la vieillesse, fasse venir la maturité.

26.05.2008

Le malentendu comme base à un amour durable.

L'amour rendant aveugle, sortir en aveugle avec quelqu'un me parait naturellement la meilleure façon de se mettre en condition pour vivre une histoire d'amour. Sortir en aveugle, c'est-à-dire fricoter et fréquenter une parfaite inconnue.

C'est vrai quoi.

Essayer de sortir avec une fille qu’on aime, c’est mettre la charrue avant les boeufs

Expliquons nous.
Mais avant, une petite mise au point (juste une…)

Je ne vais pas vous parler d’une règle établie universelle, si tant est que ce genre de chose existe pour les rapports humains, mais bien de mon cas particulier. Ayant horreur des gens qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, je me cantonne à parler d’une des rares choses que je connaisse : moi.

Evidemment, après on me taxe de nombriliste. Pourtant, rien n’est moins vrai.

Mon nombril est l‘une partie la moins intéressante de mon anatomie et, avec ma légère propension à l’embonpoint, je pense que c’est un sujet que je maîtrise moins que, par exemple, les phalanges de la main droite.

Pour vous dire comme mon nombril m’intéresse peu, je suis incapable de vous dire si le médecin qui me l’a lié y a fait un nœud de chaise, un nœud plat (ce que j’aurais choisi personnellement) ou un classique double nœud.

Ceci posé, revenons à notre sujet : l’amour et le malentendu.

 

Comment espérer séduire quelqu’un  dont on est authentiquement amoureux ?

Pour ma part, c’est mission impossible et j’ai bien compris que la meilleur façon d’assurer une entreprise de séduction est de maintenir la cible dans les limites bien établies du désir sexuel et  du flou séductif, faute de quoi, on entre dans une dialectique pénible qui conduit en général à un vent infamant et douloureux, voir à la catastrophique « friend zone » (dont pour ma part je me suis toujours bien tenu à l’abri) qui vous vaut des répliques immortelles, du genre :

-Tu es vraiment mon meilleur ami, jamais je ne pourrais sortir avec toi, …alors t’épouser et te faire cinq gamins, tu comprends bien que ça va pas être possible. 

- Et coucher ensemble, éventuellement ? 

Sans tomber dans ces excès, j’ai pu remarquer que c’est quand même bien plus pratique de tomber amoureux d’une fille avec qui on sort déjà, que d’essayer de la faire votre quand le moindre de ses regards vous plonge dans un maelström d’incertitude.

Dans ses cas là, autant construire un HLM en carton sur des sables mouvants, ça aura plus de chance d’aboutir.

Je sais qu’il y a des gens qui apprennent à connaître l’autre pendant des jours (voir pendant des mois, les gens sont fous) et, se sentant sûr d’eux même, ils emportent la décision, convolent en justes noces et fondent un foyer heureux tout plein de petits apprentis-ingénieurs, de petits futurs médecins et d’avocats fiscalistes en puissance.

Les gens heureux sont formidables. Heureusement qu’ils sont aussi chiants comme la mort, ça permet de leur pardonner un peu tout ce bonheur qu’ils ont.

N’étant pas de cette race, je plaide pour la « blind chope », sortir avec quelqu’un qu’on connaisse peu, ou mal, et découvrir à l’usage qu’on l’aime (ou pas). C’est dans la période de une semaine à trois mois après l’appontage que les deux éléments du couple se découvriront et commencent un peu à regarder les cartes qu’ils ont tirés dans leur jeu et si, oui ou non, ça vaut le coup de rester dans la partie.

L’atout de cette technique, c’est que si l’autre me connaissait vraiment, elle ne serait sans doute jamais sortie avec moi. Tandis que, en construisant une sorte d’histoire, on l’oblige à s’intéresser et, pour peu qu’elle ait l’ego mal placé, on a toutes les chances de la coincer, la donzelle refusant d’admettre qu’elle ait pu se tromper aussi lourdement.

Le risque c’est que ça ne me met pas à l’abri de sortir avec une authentique conne (c’est arrivé) ou pire, de quelqu’un de bien à qui on a rien à dire (et qu’on a aucun de plaisir à plaquer, au contraire de la première).

Reste donc le cas faramineux (et rare) où les deux parties s’aperçoivent que l’autre lui plait vraiment et où on peut commencer à envisager les choses à plus long terme (plus de trois mois).

Pour le moment, ça a toujours fonctionné comme ça.
N'est ce pas pas la preuve que la méthode est bonne ?

Comment ça est ce que je suis seul en ce moment ?
Oui, certes, ça ne doit pas remettre ma théorie en cause, hein, je ne vous permets pas.

Je vous permets d’autant moins que vous et moi, on ne se connaît pas.

 

On sort ensemble ?